[Récit] La grande course des Templiers de Stéphanie, finisheuse 2009

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Course des Templiers 2009Le week-end du 24 octobre s’est couru le grand rendez-vous de tous les trailers : le festival des Templiers 2009, pour un week-end de course nature et d’échanges à travers ce festival de l’endurance.

Un superbe parcours tant sur les Cévennes que sur les Causses et un accueil convivial pour cette grande fête de la course longue distance sur chemins.

Stéphanie, déjà finisheuse de l’Ecotrail de Paris 2009, nous fait part de sa première participation à cet ultra trail.


Dimanche 25 octobre – Nant – 5h du matin

Un peu moins de 3000 coureurs sont prêts à s’élancer dans les rues de Nant pour le départ de la Grande Course des Templiers. Les bénévoles sont là aussi, et quelques badauds courageux venir soutenir leurs amis, famille ou tout simplement pour être là pour encourager les 2880 trailers qui vont s’élancer dans quelques minutes pour la quête du Graal !

L’ambiance est magique, la musique s’élève dans les rues du village illuminé alors qu’il fait encore nuit noire. Que d’émotion ! Et nous voilà, loin derrière la ligne de départ, Loïc, Richard et moi un peu stressés sans doute mais surtout très excités à l’idée de faire cette belle course. Les objectifs sont différents pour l’ensemble d’entre nous : Loïc souhaite améliorer son temps de l’année dernière, Richard et moi novices sur la course espérons surtout la finir et passer les barrières horaires qui ne semblent pas si faciles que ça, et ça se confirmera par la suite…

Nous ne voyons pas nos autres co-équipiers, le reste du groupe avec lequel nous passons le week-end. Nous sommes 9 coureurs ETOILE Sports à participer à la course.

C’est parti !

Le coup de pistolet retentit, les fumigènes sont lancés, nous partons tranquillement, au début nous ne pouvons que marcher vu le nombre de coureurs présents au départ. Nous passons la ligne de départ quelques minutes après et pouvons commencer à trottiner, le rythme est relativement lent, mais nous ne cherchons pas à doubler, ce n’est pas le moment de griller toutes nos cartouches alors que 70 km nous attendent derrière. Ces milliers de coureurs à la frontale qui montent dans la nuit c’est impressionnant. Je me dis que nous avons de la chance d’être là.

Assez rapidement, Loïc nous distance, c’était prévu dès le départ. Richard et moi avons prévu de faire une grande partie de la course ensemble. Nous avons quitté le bitume pour emprunter un chemin, nous ne reviendrons pas sur le bitume si ce n’est pour traverser des routes ou des villages.

La montée se fait déjà sentir alors nous préférons marcher. Marcher en montée, courir sur le plat et dans les descentes, telle est notre stratégie de course. Nous avons 2h15 pour rejoindre la première barrière horaire – Sauclières – à 15 km, cela paraît faisable sans trop de problème. Premier bouchon, une grande montée, étroite et glissante, il pleut très légèrement ce matin même s’il fait très doux, et la pluie des jours précédents n’a pas laissé au terrain le temps de sécher. Avec la foule, cette première montée assez raide n’est pas évidente. Mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attend sur la 2ème partie du parcours, mais on ne le sait pas encore.

Le jour commence à se lever.

Le soleil pointe son nez, la journée promet d’être belle. Nous avons déjà parcouru un certain nombre de kilomètres, le temps passe vite aussi, et on commence à se dire que la barrière horaire se rapproche, et on ne voit toujours pas ce fameux long tunnel dont Loïc nous a parlé, on a bien traversé deux tunnels, mais très courts, ça ne peut pas être ça …. A moins que ……. Et voilà, nous approchons de Sauclières, heureusement car il nous reste 15 minutes avant la barrière horaire !

Un bénévole nous indique que c’est dans le village à 500m, nous accélérons légèrement avec Richard, et voilà nous sommes sauvés, nous passons avec 10 minutes d’avance, soulagés mais un peu inquiets car nous espérions avoir une marge plus importante pour la suite. Mais ce n’est pas le moment de se décourager, nous repartons, une bouteille d’eau à la main, confiants et motivés direction le Mont St Guiral qui nous attend au 30ème kilomètre, 2h45 plus tard.

Nous attaquons une montée longue, le vent se lève, il ne fait pas très chaud, Richard se couvre, je préfère rester en tee-shirt, je sors juste mes gants, je me sens plutôt bien et je n’ai pas froid. Je prends le temps de me retourner et de regarder les magnifiques paysages qui s’offrent à nous, de superbes points de vue, nous sommes dans les nuages ! Nous passons le Saint Guiral avec 20 minutes d’avance, un bénévole attend les coureurs en haut du mont, courageux car il ne fait pas si chaud là-haut, surtout sans bouger !

Dourbie, premier ravitaillement… après 39km de course.

Prochain objectif : Dourbie et son premier ravitaillement, au 39ème kilomètre, nous devons y arriver avant 11h30 et il est 9h40, tout va bien donc, nous sommes dans les temps. Les sensations sont plutôt bonnes, les douleurs dans les cuisses commencent à se sentir, mais ça reste léger, mon genou droit tient,  c’est bon signe pour la suite ! Jusqu’à Dourbie c’est plutôt descendant, le terrain est beau, dans la forêt, de beaux points de vues, le parcours est vraiment extraordinaire. Je comprends l’engouement pour cette course, et encore une fois je me réjouis d’être ici !

Dourbie se rapproche, les bénévoles et les habitants de la région nous encouragent à l’approche du village. Ils crient nos prénoms, inscrits sur notre dossard, ça motive ! Plus qu’1 km, une dernière toute petite montée avant l’arrivée au ravitaillement, et nous y voilà ! On y retrouve Fabrice et Jérôme de notre groupe. Fabrice nous signale qu’il faut aller pointer pour la barrière horaire. Nous le remercions car à quelques minutes prêt, ça aurait pu être juste. Nous ne nous attardons pas trop, le temps de manger un peu et de remplir les gourdes. Et nous repartons pour une belle montée. Je me sens relativement bien, Richard semble un peu moins en forme, nous avons un peu de marge, il est 11h30 et nous devons parcourir 9,5 km en 2h15 pour atteindre la prochaine barrière, à Trèves. Ca devrait aller. J’avance bien dans la montée, je discute avec les autres participants, il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille ! Après une longue et belle montée, nous amorçons la descente, dans les sous-bois, assez technique, et rapide, mais il ne faut pas s’emballer, ça peut être risqué pour les chevilles. Mais je suis super contente de courir, on a marché trop longtemps, courir commençait à me manquer !

Trèves se rapproche, nous passons sur un pont, quel bel accueil, les encouragements sont nombreux !! Nous sommes acclamés par la foule, c’est impressionnant et encore une fois très motivant !! Alexis et Stéphane, que nous avons encouragés la veille sur le marathon des Causses, nous attendent pour nous encourager et faire quelques photos. Ils nous signalent que c’est bon, nous passons la barrière sans problème.

Jérôme nous suit de près, nous repartirons tous les 3. On se restaure rapidement – mon estomac commence à se fatiguer et j’ai du mal à avaler quoique ce soit, par contre je bois beaucoup et on remplit les gourdes. Et c’est reparti, Jérôme en tête, je le suis et Richard ferme notre cortège !

3h pour courir 13km: pas aussi simple qu’on pourrait le croire…

Nous montons lentement, je sens la fatigue qui commence à tomber, je me sens moins bien que tout à l’heure, je parle moins aussi, je ne pense qu’à avancer et rejoindre la prochaine et dernière barrière horaire. Nous avons 3 heures pour parcourir 13 km, ça semble relativement faisable mais nous allons rapidement nous rendre compte que ce n’est pas si simple ….. Avancer pour avaler les kilomètres, nous ne pensons qu’à ça, je n’arrive plus à courir même sur le plat, Richard par contre se sent plus en forme. Je me force à manger car je n’ai vraiment plus beaucoup d’énergie et je peine de plus en plus pour avancer vite. L’heure tourne, et on ne voit toujours pas Cantobre, notre prochain objectif. Plusieurs bénévoles sur le parcours nous indiquent le kilométrage restant, très différent à chaque fois et ça ne nous rassure pas. Mais je me dis que ce n’est pas possible, vu le nombre de personnes encore derrière nous, nous allons forcément passer.

Il faut rester positif, j’essaie même si ça devient difficile, car j’entends autour de moi que nous allons être justes. A 25 minutes de la barrière, nous sommes encore assez loin du village mais on le voit, et là on nous indique qu’il ne faut pas traîner si l’on veut passer. La descente est assez technique, c’est même assez dangereux car on ne peut pas doubler mais certains tentent quand même, 15 minutes, le village approche ….. Mais je me rends compte que là si on veut passer, il va falloir accélérer, je ne me pose plus de questions et j’y vais, je descends aussi vite que possible, nous voilà sur le plat, et là je cours, j’ai retrouvé mes jambes, je ne peux pas me faire éliminer maintenant, Jérôme est devant, Richard suit, c’est bon nous allons tous passer. Il faut y aller, nous avons même un bon rythme, c’est impensable de ne pas passer  cette barrière alors on y va, à fond – enfin aussi vite que l’on peut devrais-je dire ! – et ça va être bon, Alexis et Stéphane sont là, pour nous dire que c’est bon on va y arriver, tout le monde nous encourage et ça y’est, on passe !! Que d’émotions, j’ai les larmes aux yeux, ça y’est on a réussi, maintenant les 9 km qui nous restent à parcourir vont pouvoir se faire à notre rythme, sans limite de temps ! J’en profite pour m’asseoir un peu car je me rends compte que je ne me suis pas encore assise depuis 5h ce matin, et il est déjà 16h30 ….

On boit et on mange un peu, on remplit les gourdes, ça devient une habitude à chaque ravito ! Fabrice est là aussi. Jérôme, Richard et moi repartons ensemble, et nous remontons, encore une belle montée qui nous attend pour rejoindre le roc nantais avant de redescendre sur Nant. La montée est longue, la nuit commence à tomber, on prépare les frontales, nous marchons plus détendus que tout à l’heure avec en tête l’arrivée qui se rapproche de plus en plus ! La nuit est bien tombée, nous commençons à entendre la musique à Nant, et nous apercevons les lumières du village.

La descente s’amorce, assez technique encore, nous avons été gâtés tout au long du parcours. Et c’est pour cela que cette course est si belle, le parcours est magnifique et assez difficile, technique par endroit, rien n’est monotone ! La descente de nuit n’est pas évidente, une corde par là pour s’aider, un tronc d’arbre pour se retenir, on descend tranquillement mais sûrement, on longe le muret en pierres qui va nous conduire jusqu’au village, Jérôme est déjà loin devant, Richard juste derrière moi, le village est devant nous, on augmente notre foulée, on se remet à courir, l’arrivée est là toute proche et nous la passons main dans la main, encouragée par la foule toujours présente, et Loïc qui nous guettait impatient !

Quel bonheur d’être enfin arrivée !!

Je remercie Richard, il a été là tout au long du parcours avec moi, dans les moments les plus difficiles. Nous terminons la course en 13h29’55 », heureux et soulagés, nous sommes finishers des Templiers 2009 ! Fabrice nous suit de peu, il est le dernier de la course et l’organisation lui réserve un finish exceptionnel !! Quelle ambiance !!

C’est un moment d’intense émotion que de terminer cette belle course, les 9 coureurs d’Etoile Sports terminent, le premier (Guillaume) en 9h50 et le dernier (Fabrice) en 13h45. Bravo à tous !! Cette course a été difficile mais je crois que je ne m’arrêterai pas de si tôt ….

Stéphanie, finisher des Templiers 2009 en 13h29’55 »

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3 Commentaires

  1. Bravo les gars ,

    je ne vous connais effectivement pas mais le monde du trail est ainsi , je participe à votre succés par ces quelques félicitations , bravo à tous .
    Pour ma part abandon à Tréves (la tête ne suivait plus ) mais je reviendrai
    bonne suite

  2. Merci pour ce compte rendu. Une course assez extraordinaire, par les paysages notamment, et je ne parle pas de l’organisation au top.

    J’y retournerai une 3ème fois, c’est certain …

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