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Talon ou avant du pied, aérien ou terrien, quel type de coureur êtes-vous ?

Talon ou avant du pied, aérien ou terrien, quel type de coureur êtes-vous ?Quelles sont vos préférences motrices ? Depuis que l’homme court, il s’interroge sur la façon de le faire. Il travaille la longueur de sa foulée, ses appuis au sol, peaufine sa préparation physique.

Il recherche la technique de course idéale qui allierait la diminution des contraintes, qu’elles soient mécaniques ou énergétiques, tout en lui apportant un maximum de rendement. Tel est son objectif ultime !

Existe-t-il une technique idéale de course ?

Seulement, de quoi parle-t-on exactement en évoquant la technique idéale ? En existe-t-il une réellement ? Est-elle parfaitement adaptée à tous les individus, à toutes les morphologies ?

Tient-elle compte du terrain sur lequel elle est appliquée, de la durée de la course, et surtout des préférences motrices de chacun ?

Les années 70 et les trente années qui suivirent furent celles de la course type « talon-plante-pointe ». Depuis les années 2000, c’est l’essor de la course sur le medio-avant-pied, voire sur l’avant-pied seul, avec l’apparition des chaussures minimalistes plus ou moins extrêmes qui favorisent ce type d’appui. Ce changement a pour objectif de la part de ceux qui l’adoptent, une recherche de dynamisme, une meilleure absorption de l’onde de choc,  une impression de légèreté, etc…

Courir sur le talon ou l’avant du pied ? Terrien ou aérien ?
L’observation des coureurs de profil permet donc de différencier deux grands types de course :

– Un premier type qui consiste à attaquer le sol plutôt avec le talon avant de dérouler l’intégralité du pied, le pied prenant contact avec le sol légèrement en avant de l’axe du tronc qui lui, est droit. Une fois le talon ancré au sol, le coureur tracte son bassin puis son tronc vers l’avant. La foulée se fera plutôt en rasant le sol et on ne notera pas de grandes élévations du corps ou du centre de gravité, entre deux appuis successifs.
On parlera de coureur TERRIEN, il démarre sa foulée par le bas.

– Un autre type consiste à attaquer le sol préférentiellement par le medio-pied (plat du pied) ou l’avant-pied. Au préalable, le mouvement aura été amorcé par la projection des épaules et de la tête en avant, pour favoriser l’inclinaison du tronc, emmener le bassin et générer l’appui medio-avant pied à l’aplomb de l’axe du tronc. La foulée donnera une impression de petits bonds effectués lors de chaque impact exprimant un certain dynamisme d’appui, les amplitudes du centre de gravité de bas en haut seront plus importantes que dans le modèle précédent.
On nommera ce type de coureur : AERIEN. Il démarre lui, sa foulée par le haut.

Terrien ou aérien : des muscles différents sollicités

Les muscles dominants du coureur terrien sont situés sur le devant du tronc et pour partie au niveau de la jambe (muscles antérieurs du cou, abdominaux, adducteurs pour les principaux).

A l’opposé, ceux de l’aérien se situent en arrière du tronc et de la jambe (muscles partie post du cou, muscles extenseurs du rachis, mollets principalement).

L’activation et la gestion de la foulée seront donc complètement opposées d’un type à l’autre.

Résultat de recherche d'images pour "schema aerien/ terrien volodalen"*Source C. Gindre, VOLODALEN Suisse

Préférences motrices : qu’est-ce que c’est ?
Il faut revenir à nos origines, pour comprendre un peu mieux ce mode de fonctionnement différent.

Les recherches en Neurosciences, ces vingt dernières années ont mises en évidence un lien préférentiel qui existerait entre le cerveau et certains muscles. L’être humain a pour but la survie. Tout comme il a fait le choix de la latéralité gauche / droite, le cerveau a ainsi développé dès la vie fœtale, des connexions nerveuses préférentielles vers certains muscles moteurs qui deviendront dominants, on parle de Préférences Motrices.

L’homme activera ses muscles forts tout au long de sa vie, que se soit dans la pratique sportive, mais aussi en cas d’agression physique ou de stress psychique. Ils seront ceux qui auront le plus faible coût énergétique pour un rendement maximal.

Dans le sport, où il existe une notion de performance et de dépassement de soi, avec de fortes contraintes physiques, la connaissance de ses préférences motrices s’avère être essentielle. Ces préférences sont celles qui doivent guider le sportif dans l’exécution de son geste, afin d’en retirer un maximum d’efficacité.

C’est pourquoi, c’est une erreur de vouloir faire courir tout le monde de la même manière.

Forcer sa foulée = risque de blessure accru
Tout comme avec de l’entraînement un droitier peut écrire comme un gaucher, un coureur terrien peut ponctuellement basculer en aérien, mais cela lui demandera toujours plus d’efforts qu’un vrai coureur aérien. Cela l’exposera à plus de fatigue, et donc à un risque accru de blessure.

La connaissance de ses préférences doit permettre au sportif non seulement d’améliorer sa gestuelle, mais aussi sa préparation physique.

Les muscles dominants selon les profils étant opposés, il sera primordial de définir des priorités dans l’approche du renforcement musculaire, dans la prise en charge des blessures et dans la ré-athlétisation (phase d’entraînement chez le sportif qui succède à la rééducation et qui consiste à retrouver la forme physique qui était la sienne avant sa blessure).

L’appui Terrien / Aérien étant différent, le choix de la paire de running sera essentiel, il influera en facilitant un type de foulée, ou au contraire en s’y opposant faisant basculer le coureur dans un schéma moteur qui n’est pas le sien, avec les risques que cela sous-entend.

Coureur terrien / aérien : conclusion

Pour introduire les préférences motrices, nous avons choisi de les aborder dans le cadre de la course à pied, mais elles conditionnent tous les sports, et les gestes simples du quotidien.

L’étude du terrien et de l’aérien constitue la première porte d’entrée dans l’observation des préférences. Il en existe une multitude d’autres qui feront pour certaines l’objet d’autres articles. Il est important de retenir que :

  • Nous avons tous une base musculo-squelettique identique mais nous ne l’utilisons pas de la même manière
  • Il y a donc autant de manières de courir que d’individus. Chacun a sa propre stratégie d’équilibre pour tenir debout, sa propre façon d’initier les mouvements de base que sont la marche et la course

Il est donc important de connaître son profil moteur, sa propre façon de s’activer dans le mouvement, pour pouvoir s’entraîner en conséquence.

Que se soit en terme de stratégies d’entraînements tout comme en attitude de course, il ne faut en aucun cas copier un schéma universel résultant d’une tendance du moment qui serait, soi-disant, le meilleur pour tous !

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Matthieu TOULZA
Podologue du Sport (Paris)

3 commentaires

  1. Voilà un article qui n’incite pas à utiliser une course avec un attaque avant-pied car c’est la SEULE le et UNIQUE meilleure façon de courir. J’ai utiliser cette foulée longtemps en entraînement et compétitions jusqu’à ce que des douleurs commencent à s’installer. Après avoir consulter un podologue, et bien il m’a expliquer que j’étais terrien.
    Si seulement j’avais lu cet article plus tôt.
    Bonne continuation.

  2. Quid du fait qu’un gars pieds nus ne va pas être « terrien »? que quand on saute, peu importe sa « catégorie », on se fera mal si on atterrit sur les talons ? Quid de la répartition des forces d’impact dans toutes les petites articulations du pied en « aérien » vs 2 articulations (talo-calcaneaire et talo-tibia/fibula) avant que ça ne remonte au genou, à la hanche et au dos en « terrien » ? De tous ces pros athlètes occidentaux blessés à un moment ou à un autre ?
    Quid du triceps sural qui galère si on pose le talon en course ?

  3. Emleen,

    Cet article traite de manière généraliste la discipline de la course à pieds et non de la discipline du Parkour ou le saut d’une hauteur en particulier qui induit une biomécanique différente.
    Il faut donc comparer ce qui est comparable…

    L’article a pour but de vulgariser les notions de préférences d’équilibration qui représentent les 2 extrêmes tout comme le sont la droite et la gauche.
    Bouger suppose de créer un déséquilibre, pour cela votre cerveau a une préférence pour le faire dans l’espace qui l’entoure. Il peut faire autrement, mais cela supposera une consommation accrue d’énergie sur le plan neuro-musculaire .
    En ce qui concerne la course à pieds, pieds nus, celle-ci est fortement déconseillée sur bitume quelque soit votre préf, Terrien Aérien et doit plutôt se faire sur terrain mixte ou légèrement souple.
    Le dur rend Aérien et le mou rend Terrien!
    Avez-vous essayé de courir en Aérien sur du sable sec extra souple et instable d’une plage???
    Vous allez vite vous épuiser et passer en « talon-plante-pointe »type terrien…
    Tout cela pour dire que l’expression d’une préférence est avant tout « environnement dépendante », et la biomécanique est au service du système nerveux central qui perçoit cet environnement et fait tout pour s’y adapter, et non l’inverse.

    Tout comme vos 2 mains.
    Il y en a une qui domine l’autre. Des fois, votre environnement permet de l’utiliser, d’autres fois non: si vous êtes gaucher et que vous devez passer les vitesses avec votre main gauche, cela risque d’être compliqué: 2 choix vont s’offrir à vous:
    ->vous habituer à passer les vitesses avec votre main droite ou
    ->trouver un autre moyen de locomotion…
    Il s’agit de la même chose pour la course, avec des variables d’ajustement.
    C’est pourquoi, sur bitume un Terrien réduira certes son attaque taligrade, mais s’épuisera à le faire…d’où l’intérêt de lui proposer une chaussure avec un Stack important pour le placer dans les conditions d’équilibration qui lui seront plus favorables et qui lui permettront de se rapprocher de sa motricité naturelle.

    Enfin, en ce qui concerne, les « petites articulations » du pied, elles ne sont pas plus contraintes en Terrien qu’en Aérien, puisque les forces qu’elles subissent ne sont pas orientées dans les mêmes axes.
    L’Aérien suppose une course avec une énergie plutôt dispensée verticalement, ce qui lui permettra de l’utiliser pour rebondir et se propulser, sinon il n’avancera pas.
    Mais comme toute énergie qui induit le rebond, la force mesurée lors du contact talon sol sera plus élevée, car verticale. Tandis que chez le Terrien, la force est plus horizontalisée.

    -Ce qui pose problème chez le Terrien, ce n’est pas le contact talon, à partir du moment où le coureur terrien fait de la triple flexion de hanche-genoux-cheville, pour favoriser l’absorption de l’énergie, afin mettre sous tension ses muscles pour les recontracter et se propulser vers l’avant.
    Le risque chez lui, c’est l’Overstriding avec genou tendu qui induira des contraintes pathologiques!

    Contrairement aux idées reçues, il existe un ratio de 50/50 de terrien/ aérien dans la population.
    On ne va pas plus vite en course d’endurance en Aérien qu’en Terrien.
    Gebresselassie était Aérien et dominait sur terrain dur ( bitume), Paul Tergat son principal rival était Terrien et dominait Gebre sur Terrain mixte ou moins dur…
    Je vous invite à lire les articles et études validées scientifiquement du laboratoire Volodalen, qui vous apporteront plus de détails et d’explications sur la notion de préférences. Les dogmes sur la technique de course idéale ne sont que des leurres et ne conviennent pas à tous les profils de coureurs. Ces dogmes omettent le fonctionnement individuel unique du système nerveux qui doit d’abord se stabiliser avant d’effectuer une gestuelle donnée!!

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