Allez, je vais essayer de courir pieds nus. Enfin non, plutôt en chaussures minimalistes…

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Allez, j'essaie le minimalisme. Ici les Saucony HattoriJe dois l’avouer, je faisais (et fais encore un peu) partie des sceptiques vis-à-vis de la tendance « courir pieds nus », autrement appelée minimalisme ou foulée naturelle…

La 1ère fois que j’ai croisé un coureur parisien avec des vibram fivefingers, je l’ai arrêté pour lui demander si il n’était pas un peu fou de courir avec ça. Il m’a expliqué qu’il avait déjà couru un marathon avec… sur le moment, j’ai eu un gros doute.

Un an plus tard (aujourd’hui), la tendance subsiste, et se confirme même… Je commence à me dire que ce n’est peut-être pas qu’une mode éphémère, qu’il y a peut-être un fond de vérité derrière tout ça. Alors quoi de mieux qu’un test pour le découvrir ?

Du minimalisme radical au minimalisme raisonnable…

Quand la vague minimaliste est arrivée, les vibram fivefingers en précurseur, le concept était d‘approcher le plus possible la course à pieds nus, sensée être la foulée la plus naturelle pour l’homme et la moins traumatisante pour les articulations. Cerise sur le gâteau, cette foulée qui porte le corps vers l’avant, ferait courir plus vite. La preuve? Les Kényans courent pieds nus jusqu’à ce qu’ils soient assez rapides pour trouver un sponsor, et ça leur réussit plutôt pas mal.

Pour approcher ce concept, et parce que nous autres occidentaux n’assumons pas le fait de courir vraiment pieds nus (heureusement certains osent quand même, comme Daniel Dubois), il nous fallait donc des chaussures minimalistes  (il faut bien faire vivre les équipementiers), avec la semelle la plus fine possible pour bien sentir les cailloux et ne plus faire qu’un avec le bitume la nature…).

Aujourd’hui, le discours s’est quelque peu nuancé, on parle de moins en moins de semelle extra-fine, la notion de DROP ZÉRO a pris le dessus.

Le DROP ? Au rugby, je vois à peu près, mais en course à pied, kesako ?

En course à pied, le drop d’une chaussure c’est la différence d’épaisseur de semelle entre l’avant et l’arrière de la chaussure.

On le voit très bien en regardant une chaussure de running de profil, les chaussures classiques ont une semelle bien plus épaisse au niveau du talon qu’à l’avant du pied. Pour être plus précis, les running classiques ont habituellement un drop proche de 12mm, contre 0 pour les pures minimalistes.

Mais comme  nous sommes habitués depuis des années à courir avec ce drop de 12 mm, se mettre à courir pieds nus ou avec un drop zéro ne s’improvise pas. Il faut y aller progressivement, réapprendre à courir pour modifier sa foulée de manière à ne plus poser le talon en premier mais l’avant du pied (cela nécessite un gros travail, j’en parlerai plus en détail dans un prochain article).

Entre ces deux extrêmes, on trouve donc des chaussures aux drops de 8mm (considérées comme le plus petit drop ne nécessitant pas de travail sur la foulée) et de 4 mm (pour ceux qui préfèrent une transition en douceur).

Cette notion de drop change de manière assez significative l’approche du minimalisme : le concept n’est plus de courir avec la semelle la plus fine possible, mais avec une différence d’épaisseur nulle entre l’avant et l’arrière de la chaussure. On trouve donc de plus en plus des chaussures minimalistes avec des semelles de plusieurs mm, voire 1 cm d’épaisseur (sur toute la longueur du pied, vous l’avez compris), comme la Saucony Hattori ou la New Balance MR00. Ce qui a l’avantage de fournir un bon amorti.

Aujourd’hui, de nombreuses marques, Saucony et New Balance notamment, commencent à réduire le drop de tous leurs modèles, convaincus par le bienfait d’un drop plus faible.

Allez, je m’y colle…

Pourquoi me mettre au minimalisme malgré mon scepticisme ? Pour les raisons suivantes, et pas forcément dans l’ordre :

  1. La progression du discours minimaliste, expliquée ci-dessus
  2. Par curiosité
  3. La lecture du livre « Courir avec les Kenyans » d’Adharanand Finn, dans lequel l’auteur raconte son expérience de 6 mois à courir avec les Kenyans, avec des chaussures minimalistes, bien sûr
  4. Une conversation avec Fred Brossard, consultant équipement minimalistes sur Runners.fr
  5. La tendance des marques à baisser le drop de leurs modèles
  6. L’espoir que cette nouvelle manière de courir mette fin à mes tendinites du talon d’Achille à répétition
  7. L’espoir qu’elle me fasse courir plus vite (objectif marathon en moins de 3h)
Chaussures minimalistes Vibram Fivefingers… Mais pas avec des vibram fivefingers

Ok, je vais m’essayer au minimalisme, mais je ne suis pas prêt à me déguiser en tortue ninja, exit donc les vibram fivefingers (photo ci-contre).

Exit aussi les chaussures minimalistes au drop de 4mm, je préfère franchir le pas en une seule fois et passer directement au drop zéro, tout en prenant les précautions qui s’imposent.

Mon choix se porte donc sur les Saucony Hattori et les New Balance MR00, deux modèles très appréciés des spécialistes.

En attendant de les recevoir, je commence dès aujourd’hui le travail sur ma foulée, avec mes chaussures habituelles.

A suivre… Ma transition vers le minimalisme

Au fil du temps, je vous raconterai ma progression vers le minimalisme. A suivre sur Jogging-Plus…

1 commentaire

  1. bonjour,

    De l’avis de plusieurs médecins du sport et d’oshéopathes, ils ont vu explosé leur demande avec les coureurs chassés en minimaliste. il a un réel problème avec ces chaussures ou leur utilisation!

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