Radcliffe perd son dernier record du monde du marathon, invalidé par la Fédé internationale…

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Paula RadcliffeCe mardi 20/09/11, la fédération internationale d’athlétisme vient d’invalider le record mondial féminin du marathon détenue par Paula Radcliffe.

La britannique détenait ce record depuis le marathon de Londres 2003, dont elle avait terminé 1ère du classement féminin en 2h15’25 ».

Une décision ubuesque…

On pourrait croire qu’il s’agit d’une décision prise à la suite à d’un contrôle anti-dopage,  de la découverte d’un mini-moteur dans ses baskets, ou tout simplement d’une blague. Mais non, Paula Radcliffe n’est pas accusée d’avoir triché d’une quelconque manière, et n’est pas non plus victime d’une mauvaise blague. Il s’agit bien d’une information très sérieuse, découlant d’un récent changement de règlement de la part de la fédération internationale. Un changement pour le moins grotesque


Petit rappel pour les non initiés : définition d’un coureur « lièvre »

Tous les grands marathoniens (Gebrselassie, Bekele, etc.) ont recours à des « lièvres ». Il s’agit de coureurs qui ont une mission bien particulière pendant la course : protéger leur leader et assurer un rythme très soutenu, lui permettant d’écrémer la course, et éventuellement de battre un record.

Plusieurs lièvres se relaient au fil des 42 km, chacun assurant une portion du parcours et abandonnant une fois son « travail » terminé. En fin de course, une fois que le dernier lièvre s’est effacé, le leader prend la tête de la course et accélère pour la lutte finale, avec les adversaires restant.

Un nouveau règlement à la limite de la discrimination…

Paula Radcliffe avait donc établi son record au marathon de Londres, qui est cela va de soi, un marathon mixte hommes-femmes.

A l’époque, certaines personnes mal-intentionnées avaient estimé que Paula avait été avantagée par la présence d’hommes, qui lui aurait servi de « lièvres ». Pour résumer, elle aurait emprunté les lièvres de quelqu’un d’autre, ce qui lui aurait facilité la tâche, la méchante…

Pour éviter ce genre de situation, l’IAAF a décidé que seuls les chronos réalisés lors de courses strictement féminines pourront désormais être validés en tant que records du monde.

Si un nouveau record féminin était réalisé lors d’une course mixte, il serait classé comme «meilleur temps mondial» et non pas comme «record mondial».

Quelques questions se posent suite à ce nouveau règlement…
  • Quelle est la motivation de cette nouvelle règlementation : commerciale pour imposer des doubles courses (hommes – femmes) à chaque épreuve ? Ou relancer l’attrait des records en en créant un 2ème (meilleur temps mondial) ? On ne comprend pas bien…
  • Faut il interdire les « lièvres » ?
  • Pourquoi se limiter aux femmes ? Interdisons à tout coureur de bénéficier des lièvres des autres…
  • Faudra-t-il organiser des marathons homme et des marathons femme ?
  • Ne faudrait il pas invalider les chronos de Christophe Lemaître car il bénéficie certainement de l’aspiration de la fusée Bolt, non ?

Bref, on frôle le comique…

Paula Radcliffe toujours recordwoman du marathon, mais avec 2’17 » de plus

Malgré l’invalidation de son record de 2003, Paula reste quand même recordwoman du marathon, grâce à un chrono de 2h17’42 », réalisé en 2005 au marathon de Londres… C’est-à-dire la même course que celle de son record de 2003 !

Mais la fédé a estimé qu’elle avait été moins aidé en 2005 qu’en 2003… Et comme les marathons féminins ne courent pas les rues et qu’il fallait bien une recordwoman, toutes les justifications sont bonnes…

Au moins cette nouvelle règle ne prive pas Paula Radcliffe du record mondial, ce qui est une bonne chose car il ne faudrait pas oublier qu’elle l’avait gagné en courant, ce marathon de Londres 2003. Personne ne l’avait portée, tirée ou poussée !

La grogne des organisateurs

Face à cette décision navrante, les « grands » marathons mondiaux (Boston, Londres, Berlin, Chicago et New York) n’ont pas tardé à manifesté leur mécontentement.

Ils trouvent ce nouveau règlement injuste et accepterait à la limite la coexistence de deux records du monde féminins : un record « courses mixtes » et un record « courses féminines ».

On les comprend, car s’ils veulent graver le nom de l’épreuve sur le palmarès du record mondial féminin, il leur faudra, si le règlement reste tel quel, organiser une course exclusivement féminine en parallèle de la course hommes, un casse tête !

A suivre…

Source
  • Photo LEquipe.fr et texte LEquipe.fr et AFP
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